Une voiture de VTC qui dort la moitié de la journée ne rapporte rien pendant ce temps. D’où une idée simple, très répandue dans le taxi dakarois : le partage de véhicule. Un chauffeur le jour, un autre la nuit, sur le même véhicule.
Le partage de véhicule entre deux chauffeurs à Dakar peut vraiment augmenter ce qu’une voiture rapporte. Mais il ne marche que si trois choses sont réglées avant le premier tour de clé. Voici lesquelles.
L’essentiel en 30 secondes
- Le principe : deux chauffeurs se relaient sur une seule voiture, souvent jour et nuit
- Le modèle n’est pas nouveau : le versement quotidien au propriétaire est la norme dans le taxi dakarois
- Trois points à fixer par écrit : le partage des frais, l’assurance et les amendes
- Chaque chauffeur a son propre compte sur l’application, jamais un compte partagé
- Le coût caché : une voiture qui roule deux fois plus s’use deux fois plus vite
- La confiance reste la vraie condition de réussite, bien avant les chiffres
Le partage de véhicule, un modèle que Dakar connaît déjà
Le relais n’a rien d’une invention récente.
Dans le taxi dakarois, l’écrasante majorité des chauffeurs ne sont pas propriétaires de leur véhicule. Ils louent leur taxi et font un versement journalier à leur propriétaire. Le même schéma existe aujourd’hui dans le VTC. On l’a vu dans notre guide sur les revenus d’un chauffeur Yango à Dakar. Une offre de recrutement récente proposait soit 25 % de la recette au chauffeur, soit la location du véhicule avec un versement de 12 000 FCFA par jour.
Partager une voiture entre deux chauffeurs, c’est donc appliquer une logique déjà familière. La différence, c’est qu’au lieu d’un chauffeur et d’un propriétaire, il y a deux chauffeurs qui doivent s’entendre entre eux.
Pourquoi le partage de véhicule peut valoir le coup
L’intérêt tient en une idée : les heures de pointe de Dakar ne se chevauchent pas toutes.
Comme on l’a détaillé dans notre guide pour combiner VTC et livraison, la demande se concentre entre 7h et 9h30, puis entre 17h et 20h. Un chauffeur de jour et un chauffeur de soirée peuvent ainsi se partager ces créneaux. Ils évitent, du coup, de se les disputer. La voiture travaille davantage, et chacun garde des horaires tenables.
C’est aussi une façon de démarrer pour quelqu’un qui n’a pas encore les moyens d’avoir son propre véhicule. Il ne faut pas oublier non plus la visite technique du véhicule au Sénégal, obligatoire quel que soit le nombre de chauffeurs.
Partage de véhicule : les trois points à fixer par écrit
C’est ici que la plupart des arrangements réussissent ou échouent. Un accord oral marche tant que tout va bien. Il devient un problème au premier imprévu.
Le partage des frais. Qui paie le carburant, l’entretien, le lavage, une crevaison ? Une règle simple fonctionne souvent. Chacun fait le plein de ce qu’il consomme, et l’entretien se partage à parts égales. L’important est que la règle existe avant le premier désaccord.
L’assurance. C’est le point le plus sérieux. Avant qu’un second chauffeur prenne le volant, il faut donc vérifier que l’assurance couvre bien un autre conducteur que le titulaire. On n’a pas trouvé de règle générale publique propre au Sénégal sur ce point, et les contrats varient. La seule réponse fiable vient de l’assureur ou de la flotte, par écrit.
Les amendes. Les textes prévoient que la responsabilité revient au conducteur identifié au moment de l’infraction. On l’a d’ailleurs vu dans notre guide sur les amendes à Dakar. D’où l’intérêt de noter précisément les heures de relais : en cas de contravention, on doit pouvoir dire qui conduisait.
Chacun son compte, toujours
Un point qui ne se négocie pas.
À Dakar, l’accès à Yango passe par une flotte partenaire, et chaque chauffeur doit avoir son propre compte. Utiliser le compte de l’autre pour « gagner du temps » expose les deux chauffeurs. En effet, la note, les revenus et les incidents sont alors rattachés au mauvais nom. En cas de problème avec un passager, c’est le titulaire du compte qui en répond, même s’il dormait chez lui.
Le coût caché : l’usure double
Une voiture qui roule deux fois plus longtemps s’use aussi deux fois plus vite.
Les vidanges, les pneus et les freins arrivent plus tôt que prévu. À Dakar, l’âge moyen d’un taxi est de 23 ans selon les données du CETUD. Les pannes y sont donc un facteur bien réel. Notre guide sur l’entretien de la voiture de travail devient ainsi encore plus utile en relais. Il faut un carnet d’entretien commun. Les révisions, par ailleurs, se font au kilométrage, pas au calendrier.
La confiance avant les chiffres
Dernier point, et sans doute le plus important.
Un article consacré aux propriétaires de taxis à Dakar note un écart régulier. D’un côté la recette théorique, de l’autre ce que les propriétaires reçoivent vraiment. Il précise qu’une partie de cet écart est légitime : mauvaises journées, saison creuse, pannes. Mais il souligne aussi un problème d’information. Celui qui n’est pas au volant ne sait pas vraiment ce qui s’est passé.
Entre deux chauffeurs, c’est pareil. Le partage fonctionne donc entre personnes qui se font confiance. Elles acceptent aussi la transparence, par exemple en partageant les relevés de l’application.
Le partage de véhicule avec Naran
Si tu envisages de partager ton véhicule, parles-en d’abord avec nous. Le contrat et l’assurance doivent prévoir clairement le second conducteur avant qu’il prenne le volant. C’est une question à régler par écrit, pas au feeling.
Ouest Foire, VDN, près de la station ELTON, Dakar
+221 76 900 83 53
Questions fréquentes
Peut-on partager une voiture VTC entre deux chauffeurs à Dakar ? Oui. Le relais existe déjà largement dans le taxi dakarois, où la plupart des chauffeurs louent leur véhicule. Il faut cependant que chaque chauffeur ait son propre compte et que l’assurance couvre bien le second conducteur.
L’assurance couvre-t-elle automatiquement un deuxième chauffeur ? Pas forcément. Les contrats varient et on n’a pas trouvé de règle générale publique au Sénégal. Avant tout relais, il faut donc le vérifier par écrit auprès de l’assureur ou de la flotte.
Qui paie l’amende si l’autre chauffeur commet une infraction ? Les textes prévoient que la responsabilité revient au conducteur identifié au moment de l’infraction. D’où l’importance de noter précisément les heures de relais.
Deux chauffeurs peuvent-ils utiliser le même compte Yango ? Non. Chaque chauffeur doit avoir son propre compte via une flotte partenaire. Un compte partagé mélange les notes, les revenus et la responsabilité en cas d’incident.
Quel est le principal inconvénient du partage de véhicule ? L’usure. Une voiture qui roule deux fois plus a besoin de vidanges, de pneus et de freins plus souvent. Cela impose un entretien suivi au kilométrage.